Du résultat comptable au résultat fiscal : réintégrations et déductions
Vous affichez un résultat comptable, mais l'impôt se calcule sur le résultat fiscal — qui est souvent différent. La raison : certaines charges comptabilisées ne sont pas déductibles fiscalement, et certains produits ne sont pas (ou pas totalement) imposables. Ces ajustements, dits extra-comptables, se font sur la liasse fiscale.
Pourquoi un écart ?
La comptabilité suit des règles de fidélité économique ; la fiscalité a ses propres règles (limiter certaines déductions, encourager certains comportements). D'où des retraitements pour passer de l'un à l'autre.
Résultat fiscal = Résultat comptable + Réintégrations − Déductions
Les réintégrations augmentent la base imposable ; les déductions la diminuent.
Du résultat comptable au résultat fiscal (exemple, en €) 📊
Exemple : 50 000 € de résultat comptable, + 8 000 € de réintégrations, − 3 000 € de déductions = 55 000 € de résultat fiscal.
Les réintégrations les plus fréquentes
Amendes & pénalités
Les amendes et pénalités (retards fiscaux, contraventions) ne sont jamais déductibles.
Amortissement VP
La fraction de l'amortissement d'un véhicule de tourisme au-delà du plafond légal.
Charges somptuaires
Certaines dépenses (chasse, pêche, résidences d'agrément) sont exclues.
L'IS lui-même
L'impôt sur les sociétés n'est pas une charge déductible : il se réintègre.
Et les déductions extra-comptables
- Quote-part de dividendes exonérée dans le cadre du régime mère-fille.
- Plus-values à long terme bénéficiant d'un taux réduit ou d'une exonération.
- Reprises de provisions qui avaient été réintégrées les exercices précédents.
Les oublis qui coûtent cher
Oublier de réintégrer une charge non déductible minore l'impôt… et expose à un redressement. À l'inverse, oublier une déduction, c'est payer trop d'impôt. Les deux sens méritent la même rigueur.
Check-list passage au résultat fiscal
Le passage du résultat comptable au résultat fiscal est l'étape qui détermine réellement votre impôt. Il se matérialise sur le tableau de détermination du résultat fiscal de la liasse. Bien maîtrisé, il évite à la fois le redressement (sous-imposition) et le trop-payé — un terrain où l'expertise comptable fait pleinement la différence.
